Quand le cerveau rencontre l’art

Quand le cerveau rencontre l’art
©Anaïs BAIXES Kinésiologue Nantes

« Le beau est essentiel à l’être humain parce qu’il nous fait du bien. » Jean-Pierre Changeux (neurobiologiste).

Regarder une œuvre d’art, faire du dessin, de la peinture ou du coloriage, toutes ces activités ont des effets directs sur notre cerveau et par conséquence sur notre santé.

 

Contempler

La vue d’une œuvre que nous jugeons belle déclenche dans notre cerveau une augmentation de la substance chimique associée au plaisir: la dopamine.
Les proportions harmonieuses d’un tableau ou d’une sculpture induisent un sentiment de bien-être.
Les couleurs agissent sur notre perception sensorielle, et suscitent des émotions.
Le beau réveille notre cerveau par l’intermédiaire des systèmes : de la récompense, du plaisir, de l’empathie, de la mémoire à long terme et de la reconnaissance des visages.
Nous voyons un tableau comme nous voyons une personne que nous aimons ! Le cerveau est capable de traduire le message du tableau en émotions réelles.
Les neurones miroirs nous immergent dans la toile, c’est ce qu’on appelle la cognition incarnée (une idée ou une image se ressent dans le corps).

 

Réaliser

S’impliquer dans le processus de création va bien au-delà.
L’art est une expérience totale, à la fois perceptuelle et personnelle. Elle se vit dans le jeu et le mouvement, impliquant le corps et la conscience.
L’art révèle le plaisir de vivre l’instant présent, il améliore l’humeur et nous procure des moments de bien être.

Expression

Les activités artistiques peuvent améliorer durablement la gestion du stress.
Une séance d’à peine une heure de dessin diminue le taux d’hormone liée au stress dans l’organisme.
Des études ont constaté la création de nouvelles connexions entre différentes zones du cerveau lorsque nous pratiquons ces activités. L’art peut donc stimuler la neuroplasticité. Ce potentiel lui confère un champ d’action bien plus vaste : il peut même aider à mieux vieillir. Il permettrait de créer des réseaux cérébraux capables de compenser le déclin de certaines régions du cerveau.

Satisfaction

S’adonner à une pratique artistique aide à restaurer la confiance en soi. Réaliser quelque chose de beau est très satisfaisant. Nous valorisons ainsi un potentiel et des capacités que nous n’imaginions pas. Etre capable de bien faire quelque chose, et être à l’aise avec une technique, nourrit l’estime de soi.

Soin

L’art est utilisé comme thérapie dans de nombreuses disciplines médicales. On peut y recourir à tout âge.
Chez les personnes présentant une pathologie neurodégénérative (Alzheimer, Parkinson) ou des lésions cérébrales (AVC, trauma) une pratique active permet une rééducation motrice améliorant les gestes de la vie quotidienne. L’art pourrait aider à la reconfiguration neuronales autour des zones lésées et au maintien des fonctions cognitives.

L’activité artistique grâce à une totale immersion permet aux malades de détourner leur attention du contexte des soins. Ceci pouvant aller jusqu’à une diminution de la perception de la douleur. On peut aussi observer une diminution des troubles de l’humeur et du comportement.
La qualité de vie des patients souffrant de maladies chroniques peut ainsi être grandement améliorée.

 

L’art mobilise une série de fonctions cérébrales très impliquées dans la régulation émotionnelle, c’est un vecteur d’expression de soi. Toutes les pratiques actives (peindre, dessiner, coller, sculpter, modeler…) favorisent la motricité et affinent les gestes.

Nous ne sommes qu’au début de la compréhension scientifique de ses effets. Les données actuelles montrent que regarder ou créer une œuvre a un impact sur le corps et la santé, et qu’il ne s’agit pas d’être un expert en la matière pour en bénéficier.
Nous avons tous accès à l’expérience esthétique car « la beauté est dans les yeux de celui qui regarde. » (Oscar Wilde).

 

Sources :
Pierre Lemarquis : « Portrait du cerveau en artiste. »
Cerveau et psycho n°98
Malika Bauwens : « L’art est il bon pour la santé ? »
Yann Verdo : « Comment l’art embrase le cerveau. »
Elodie Olmi : « Art et Médecine : bénéfices des arts plastiques en médecine ambulatoire. »